Saguenay, l'occupation du territoire


De par son vaste réseau hydrographique, la région a été un carrefour pour les rassemblements et les échanges des peuples autochtones qui ont occupé le territoire, et ce, depuis la période Archaïque (6500 à 3000 avant aujourd’hui). Cette occupation s’intensifiera durant la période du Sylvicole supérieur (1000 à 400 ans avant aujourd’hui). Durant cette période, de Tadoussac jusqu’à Chicoutimi, la rivière Saguenay a été exploitée par des groupes iroquoiens, provenant de la vallée du Saint-Laurent. Au-delà de Chicoutimi, le territoire est occupé par les Algonquiens, ancêtres des Innus (que les Français surnommaient les Montagnais).

Ces informations sur l’occupation humaine du territoire ont été recueillies grâce aux travaux archéologiques qui ont débuté dans la région à la fin des années 1960. Sur le territoire de la ville de Saguenay, on retrouve plus d’une dizaine de sites archéologiques. Ils sont concentrés principalement le long de la rivière Chicoutimi et sur la rive nord du lac Kénogami.

Lors de son second voyage en 1535-1536, Jacques Cartier fait la découverte du Saguenay en s’arrêtant à l’entrée du fjord. Vers 1545, des pêcheurs basques de baleines auraient effectué des incursions dans l’estuaire du Saint-Laurent jusqu’à Tadoussac. À partir de 1580, des armateurs français commencent à pratiquer le commerce de fourrures à Tadoussac; c’est le début du long règne de ce commerce sur la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean lequel perdurera jusqu’au 19e siècle.

Les Innus du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont joué un rôle primordial dans ce commerce; ils font la traite à l’intérieur des terres avec les tribus alliées et transportent ensuite les fourrures au poste de Tadoussac. Pour concurrencer les Anglais qui se sont établis dans le secteur de la baie d’Hudson, les Français doivent établir des postes de traite à l’intérieur des terres du Domaine du Roi, un territoire réservé exclusivement au commerce des fourrures et interdit à la colonisation. Le nom de ce domaine est à l’origine du surnom de la région, le Royaume du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

En 1676, on érige le poste de traite de Chicoutimi, situé au confluent des rivières Chicoutimi et Saguenay où, depuis des millénaires, les autochtones se sont arrêtés pour effectuer leurs échanges traditionnels. Centre nerveux de la traite des fourrures de la région, ce poste est situé à la toute fin de la portion navigable du Saguenay (Chicoutimi signifie, en amérindien, « jusqu’où c’est profond »). Il sera, durant plusieurs décennies, le plus rentable du Canada et restera en opération jusqu’en 1856. Désigné lieu historique national en 1972 et classé site historique en 1984, le site du poste de traite est considéré comme le berceau de la ville de Saguenay.

Après la Conquête anglaise, le territoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean est strictement réservé au commerce des fourrures. Cependant, dans les années 1820 et 1830, des pressions se font sentir pour ouvrir la région à l’exploitation forestière et à la colonisation...



Références :
-Camil Girard et Normand Perron, Histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Québec, IQRC, 1989;
-Site Internet sur l’archéologie préhistorique au Québec de l’Université de Montréal.



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